Le Docteur Xavier, un dentiste qui déchire !

Publié le 28 août 2025 Catégorie : Au pluriel, Family’s Business

Depuis plusieurs semaines, je souffrais d’une rage de dent, mais comme nous le savons toutes et tous, les médecins, les ophtalmos, les dentistes, etc… ne prennent pas ou plus de nouveaux patients. C’est un mystère que nous éclaircirons plus tard si le cœur nous en dit. Bref, j’ai suivi les conseils d’une de mes copines et j’ai pris rendez-vous avec Xavier auprès d’une charmante assistante.

Je craignais de ressortir la mâchoire en sang et souffrant le martyre, mais bien au contraire. J’ai eu affaire à un homme qui ne m’a pas fait mal, m’a encouragé et m’a fait mourir de rire. Résultat, nous sommes devenus copains.

Papa d’une fille et d’un garçon, c’est un fana de la mer. J’ai beau lui expliquer que si nous devions aller dans l’eau, nous aurions des écailles, lui, s’en fiche ! La mer, c’est son truc ! Il kiffe le Kite-Surf. Plus exactement, il pratique le Surf Kite ! C’est-à-dire qu’il surfe les vagues avec sa voile. Le Paddle sur les flots est aussi l’un de ses délires. C’est simple pour Xavier, sans vague, il n’y a pas de plaisir !

Pour le rencontrer, il faut traîner vers Oléron, ou sur nos côtes. Ce dentiste n’est pas ordinaire ! Il navigue beaucoup sur la Pointe Espagnole, et c’est tout de même l’un des coins les plus dangereux de notre littoral.

En réalité, il est tellement sympa, que je ne comprends pas lorsque je lui demande pourquoi il aime son métier un peu chelou qu’il me réponde toujours la même la chose : « C’est la passion Adé, depuis tout petit ! »

L'interview !

Les Chroniques d’Adélaïde : Comment définis-tu ton job Xavier ?

Xavier :

Le but de mon activité est de rendre service aux gens en maintenant leur santé bucco-dentaire. Elle participe à la santé, dans sa globalité, par les nombreuses interactions entre la bouche et le reste du corps. Elle n’est pas uniquement l’absence de douleur ou de pathologie. La bouche, en plus d’être un outil pour l’alimentation, crée du lien social par le sourire ou la communication. 

En priorité, je vais le plus rapidement possible, soulager la douleur des gens, avant d’envisager une réhabilitation de leur bouche, tout en prodiguant des conseils de prévention.

LCA : Quelle est ta formation ou ton parcours pour en arriver là ?

Xavier :

J’ai rêvé d’être dentiste depuis la cinquième. C’est mon prédécesseur qui m’a donné la vocation : je trouvais qu’il était un très bon dentiste, très à l’écoute, et qu’il avait une belle qualité de vie.

 Elève moyen jusqu’au bac, je tente sans conviction le concours de Médecine à Bordeaux. Avec surprise, je décroche la 16ème place sur un amphithéâtre de 800 postulants. Ce n’est pour moi que du bachotage: il faut juste apprendre par coeur…

Après les six années d’étude, je passe ma thèse, puis prends la succession de mon mentor, qui a attendu que je finisse mes études pour partir à la retraite. Il déménage sur Bordeaux et continue à venir se faire soigner au cabinet:  la boucle est bouclée. 

J’ai fait quelques formations en plus après les études, la pose d’implants par exemple… J’ai fait partie du Conseil De l’Ordre pendant six ans et je suis encore sollicité pour l’élection de 2025. Cependant je ne pourrai pas me représenter par manque de temps, car je suis aussi sollicité par l’UFSBD, une association nationale  de dentistes, qui promeut la prévention : ainsi je suis formateur pour les équipes soignantes des EHPAD dans le but de les sensibiliser à l’hygiène bucco-dentaire des résidents.

LCA : Quels sont les inconvénients et les avantages de ce métier ?

Xavier :

Pour les inconvénients, je pense que c’est un métier stressant si on est consciencieux et empathique ; contrairement au chirurgien qui va intervenir sur un corps sous anesthésie générale, le dentiste doit gérer en permanence le confort du patient (absence de douleurs…). Et même en pratiquant des petites inductions d’hypnose pour détendre au mieux les patients, avec une musique relaxante, on est comme une éponge qui absorbe le stress de celui que l’on soigne.

En ce qui concerne les avantages, appartenant à une  profession libérale, je peux choisir mes horaires de travail ainsi que les dates de mes vacances.

C’est un métier qui permet aussi de créer du lien social : quand le timing le permet, j’aime bien discuter avec les gens après des soins.

LCA : Selon toi, quel est le profil idéal pour exercer ton job ?

Xavier :

Il faut avant tout être doué pour les travaux manuels. Mais pas seulement : ce qui rend le travail  très intéressant, c’est d’allier la réflexion au  côté manuel, minutieux.

Une autre qualité requise et d’être très organisé. Je suis pareil dans la vie privée : par exemple je suis adepte du batch-cooking (Désolé pour l’anglicisme!) :je prépare quasiment tous mes repas en début de semaine.

Enfin , selon moi il est conseillé de savoir  anticiper des choses, surtout anticiper le pire qui pourrait arriver; ce qui permet d’être plus serein lorsque cela se produit et d’avoir une solution adaptée et de complexité croissante.

LCA : Peux-tu nous raconter une journée type ou ce que tu as fait jeudi dernier ?

Xavier :

J’arrive le matin. Je salue mon assistante. Je consulte les dossiers de tous mes patients de la journée, un par un,afin de répondre au mieux à leurs attentes lorsque ceux-ci sont déjà venus au cabinet. Je vérifie qu’il y a suffisamment de plages de libre pour recevoir les urgences. Je fais le point avec Laurence (mon assistante) que tout soit parfait pour que l’on puisse travailler dans les meilleures conditions possibles. 

Je travaille sans pause jusqu’à 13 heures : le dernier rendez-vous est réservé au cas les plus longs.Ainsi, je peux déborder sur ma pause déjeuner au cas où… Je mange rapidement après avoir réchauffé mon Tupperware préparé le week-end. Je reprends à 13h30. 

Selon les soirs, je finis à 19h ou 17 h, en conservant les rendez-vous longs pour la fin d’après-midi pour la  même raison que ceux du matin.

LCA : Quel est le souvenir pro qui t’as le plus marqué (triste ou drôle) ?

Xavier :

Je me souviens après avoir fait preuve de beaucoup de patience , avoir réussi à soigner un jeune adulte  présentant un handicap mental et avoir été récompensé par son attitude : il m’a pris dans ses bras pour me faire un gros câlin, à la grande surprise de son tuteur, car il n’était pas coutumier du fait.

LCA : Vie privée, vie professionnelle, où est le curseur ?

Xavier :

Ma vie professionnelle est très importante mais ma vie privée l’est également. C’est un équilibre: pour être bien dans mon travail,j’ai besoin d’avoir une vie privée agréable. Il n’y a pas d’interaction entre les deux : quand je suis au travail, je ne reçois jamais de coup de téléphone personnel, sauf si c’est vraiment urgent. J’arrive à bien respecter mes horaires de travail, c’est juste l’administratif du soir qui me fait empiéter un peu sur ma vie familiale.

 De même, mon entourage sait que je ne suis pas fan de soigner les amis, la famille, mais par contre ils savent qu’ils peuvent compter sur moi, de façon exceptionnelle,même en dehors des horaires d’ouverture.

LCA : As-tu vécu un échec professionnel et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Xavier :

Oui, bien sûr que j’ai déjà vécu un échec professionnel. J’ai le souvenir d’un enfant turbulent que je n’ai pas pu soigner et que j’ai dû orienter vers un pédodontiste (dentiste qui soigne exclusivement les enfants).

Cela permet d’avancer : on se remet en question, et on essaie d’adapter de nouvelles solutions,si la situation se représente..

LCA : Quelle est ta philosophie/devise dans le travail ?

Xavier :

Ma philosophie est d’anticiper au maximum de façon à éviter d’intervenir en urgence et ainsi limiter le stress du dentiste et du patient. Je suis pareil dans la vie privée. Pour certains. Cela peut paraître une forme d’anxiété : pour moi, c’est tout l’inverse quand j’ai prévu un plan B ou C, je suis complètement serein et détendu.

LCA : Quel est ton rêve (pas ton aboutissement professionnel) et pourquoi ?

Xavier :

Mon rêve serait de pouvoir  faire le tour du monde des spots de Kite-Surf, dompter des vagues de fou, m’éclater sur tous les océans de la planète et me dire que le monde n’est pas ce qu’il est, qu’il est bien plus beau qu’on ne le pense ! Après, si je peux choisir ma première destination dans mon rêve, je commencerais bien par les Caraïbes… (Rire)

LCA : Es-tu heureux dans ton travail ?

Xavier :

Oui, j’ai toujours été heureux dans mon travail, et je trouve que mes patients me le rendent bien. Rien que de soulager la douleur de mes congénères me comble. 

J’aime les gens, discuter avec eux, leur présenter toutes les solutions thérapeutiques possibles et ainsi leur laisser le choix. Je fais souvent des compromis.

LCA : As-tu un message pour nous ?

Xavier :

Vous devez tout d’abord avoir confiance en votre praticien. Laissez-vous guider.:. Il vous accompagnera afin que les soins se déroulent le mieux possible.

Le Docteur Xavier, un dentiste qui déchire !



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

A propos de l’auteure

Fille d’un artisan-expert judiciaire, puis chef d’entreprise à mon tour, j’ai décidé de quitter le nid familial pour voler de mes propres ailes. J’ai alors œuvré dans le 1er groupe de presse français pendant 15 années. La filiale dans laquelle je travaillais a fermé ses portes après plus de 40 ans d’existence. D’un malheur est né un rêve. Je me suis alors inscrite dans une célèbre école de journalisme. Et mon diplôme d’attachée de presse en poche… Me voici…

Vous allez découvrir que je suis spontanée, capricieuse, espiègle, malicieuse faut-il croire, rêveuse sûrement, contemplative absolument, timide beaucoup et agaçante semblerait-il, sans aucun doute, pour certains…

Ce sont assurément pour toutes ces raisons, qu’il vaut mieux que j’écrive, c’est encore là que je reste la plus mignonne… Quoique !

Contactez-moi !

error: Content is protected !!